Conan, un chaos dans les règles

Publié le par Sempai

Sachant notre camarade Laurent fan de Conan, il nous a semblé tout naturel de lui offrir le nouveau jeu de cartes édité par Edge intitulé Conan : le jeu de cartes.

De manière à lui permettre de jouer rapidement à ce jeu, Sempaï, durant les jours précédents, a lu la règle de ce jeu mis en ligne sur le site de l’éditeur. La première lecture n’est pas évidente, puis à la seconde lecture, cela semble être plus fluide, on repère à peu près les différentes cartes (aventures, défis, spéciales, etc.) et on se dit que tout devrait bien se passer, avec quelques petits tâtonnements du fait d’une première partie mais cela devrait aller. Que nenni !

CONAN BOX FR

Dès la phase de préparation du jeu on se heurte à un souci de mise en place. La règle précise que la pioche n’est pas constituée par les cartes spéciales, sauf que nulle part on ne parle de ce que l’on doit faire de ces fameuses cartes (hormis les objets magiques) et lorsque l’on sait que ces cartes spéciales (résolution) sont l’essence même du jeu, cela pose un problème. Donc en toute logique, la pioche est constituée par l’ensemble des cartes si ce n’est les objets magiques et les cartes personnages restantes.

Une fois que la décision a été prise d’intégrer ces cartes à la pioche, la partie a pu commencer. Après une définition du premier joueur peut élégante et peu pratique, une première phase de pose de cartes s’engage. Les joueurs ont le choix de poser une carte (défi ou autres) ou de passer. Une fois que le premier tour est fait, on en entame un second qui s’arrêtera directement lorsqu’un joueur passera. Sachant que le premier joueur est toujours la même personne, cela donne un avantage énorme à ce dernier, puisqu’à partir du moment où lors du 2nd tour de pose de cartes il passe, cela bloque à tous les coups les autres joueurs.

On poursuit avec la phase des héros. Dans cette phase, le joueur peut soit déplacer son personnage (en respectant une demi-douzaines de conditions) ou réaliser un défi ou un duel. La résolution des défis est particulièrement étrange. Tout commence par une phase d’enchère où les joueurs vont miser des points de gloire. Si les deux joueurs parviennent à se mettre d’accord sur la mise finale de l’enchère, on résout le défi mais si une personne se retire des enchères, le défi ne peut être résolu. En gros, on peut se retrouver dans des situations où si la personne qui a posé le défi refuse de le relever, il bloque invariablement l’autre joueur qui ne pourra jamais parvenir à la fin de son aventure. A mon humble avis, ceci est une erreur de traduction, car cela ne peut pas se finir ainsi.

Lorsque tous les joueurs ont fait leur phase de héros, on a une phase de diplomatie dans laquelle les joueurs vont pouvoir vendre, échanger des cartes. Ils vont même pouvoir réaliser des alliances pour peu qu’ils se trouvent sur la même aventure. Enfin, on termine la première manche par une phase de pioche qui est probablement la seule phase claire des règles.

Une fois que les deux premiers tours sont faits, les joueurs commencent à avoir des automatismes, les phases s’enchaînent un peu plus rapidement, même si des questions subsistent sur le moment où l’on peut poser des cartes ou pas, puisque malgré l’existence d’une phase « pose de cartes » on peut poser des cartes durant la phase de héros ! Je sais, cela embrouille ! Très rapidement, on s’aperçoit que ce jeu est un jeu où l’on persécute l’autre, en posant des cartes défis sur des cartes aventures afin d’empêcher l’autre de finir une aventure et d’empocher le butin. Il faut aimer cet esprit acharnement, car forcément, cela rend beaucoup plus longues les parties.

Au niveau des cartes, on trouve des adversaires très bourrins, des effets particulièrement efficaces et là, après plusieurs tours, Laurent joue une carte où la résolution du défi se fait par un bras de fer, in real ! Cela semble complètement surréaliste ! De suite, on se dit que c’est une blague et puis non. On imagine des tables mixtes, quel intérêt d’avoir une telle carte lorsque l’on joue avec des jeunes filles ou ses enfants ? Ok  je comprends le côté « on propose un jeu pour la testostérone » mais de là à mettre une telle carte ? Pourquoi pas une carte, « le premier qui casse le bras de l’autre remporte le défi » ? Je ne m’étendrai pas sur le résultat du bras de fer, on est là pour s’amuser, mais selon moi c’est juste une très mauvaise idée que d’introduire de telles cartes dans le jeu.

La partie s’est terminée par la victoire de Jérémie :

          - Jérémie : 31 points

          - Sempaï : 25 points

         - Fish : 24 points

          - Laurent : 21 points

Conclusion

Conan le jeu de cartes est difficilement appréciable en l’état. Les trop nombreuses imprécisions et erreurs de traduction des règles font que la partie n’est pas fluide, que des questions se posent tout au long de la partie et que le fun n’est pas au rendez-vous. Bien évidemment cet avis doit être modéré par le fait que cela ne reflète que la première partie jouée et qu’avec les réponses officielles d’Edge sur les nombreux points obscurs des règles, le jeu gagnera en fluidité et fun (du moins je l’espère) et en mettant en place le principe de 1er joueur tournant (soit basé sur le nombre de points de gloire soit uniquement en passant la main dans le sens des aiguilles d’une montre comme cela se fait classiquement). C’est pourquoi, nous envisageons une seconde session de jeu vendredi.

Publié dans Divers

Commenter cet article